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Nov 25 2016

Pourquoi il ne faut pas avoir peur des compagnies aériennes low-cost.

Pourquoi il ne faut pas avoir peur des compagnies aériennes low-cost.

Beaucoup de monde a entendu parler ou même déjà utilisé les compagnies aériennes low-cost, qui officient dans les airs depuis quelques années.

Les tarifs qu’elles pratiquent ont beaucoup fait parler et fait couler d’encre. Leur sérieux a été (et est toujours) remis en question.

Je vous explique dans cet article pourquoi je suis persuadé qu’il ne faut pas s’en méfier plus que les autres.

On m’a récemment demandé si partir au soleil en plein hiver coûtait cher. J’ai tout de suite pensé à cette nouvelle compagnie low-cost French Blue, la première du genre à effectuer des longs trajets, et ce, dès cet hiver depuis et vers  Punta Cana (République Dominicaine) et L’île de la Réunion.
Plutôt de bon augure. On m’a répondu : « Mais c’est pas un peu l’arnaque ça les low-cost ? « 

Je me suis alors dis qu’il fallait clarifier les choses. Pour ne plus se laisser berner par quelques idées reçues et ainsi s’organiser sans craintes des supers weekends pendant tout l’hiver dans des villes desservies par les low-cost : Prague, Budapest, Florence, Palerme, Barcelone, Vienne, Rome, Bruxelles, Londres, Edimbourg… ou filer sous les tropiques du coup 😉 !

Tout d’abord, le low-cost n’est pas une particularité du secteur aérien. Nous connaissons tous les marques dîtes low-cost suivantes… qui ne font pas autant parler d’elles :

  • Dacia (Automobile)

  • Lidl, Leader Price (Grande Distribution)

  • Primark (Vêtements)

  • F1, Première Classe (Hôtellerie)

  • Brico Dépôt (Bricolage)

  • Free Mobile (Téléphonie)

Même si les principales compagnies reviennent régulièrement dans les conversations – Ryanair, Easyjet, Vueling, Volotea, Air Asia, Transavia, Wizz Air, Germanwings, Air Berlin, Pacific Blue, Tiger Airways, Lion Air, Wow Air, AirTran Airways, Skymark Airlines – il y en a aujourd’hui plus de 150 dans le monde !

Depuis l’avènement de nombreuses autres, la plus grande interrogation du grand public est la suivante :

→ En pratiquant des tarifs si bas, est-il vraiment possible que les compagnies low-cost soient fiables et sécurisées ?

Il faut bien comprendre que les compagnies aériennes low-cost ne sont pas moins vérifiées que toutes les autres compagnies car elles dépendent TOUTES des autorités des Etats auxquels elles sont rattachées, qui suivent heureusement les normes internationales mises en place progressivement.

En fait, il faut différencier d’un côté l’autorisation de voler délivrée à une compagnie aérienne, et de l’autre l’autorisation de survoler un territoire et d’y atterrir/décoller.

  • Ce sont les délégations compétentes propres à chacun des Etats, qui décident de délivrer ou non une permission de voler à une compagnie aérienne nationale. Pour la France, c’est la Délégation Générale de l’Aviation Civile (DGAC) qui gère cela.

    Pour l’Europe, l’EASA (Organisation Européenne de la Sécurité Aérienne) intervient en parallèle pour uniformiser les règles et les procédés d’obtention, et aider les Etats à remplir les obligations demandées par l’OACI (que j’évoque ci-dessous).

  • En ce qui concerne l’autorisation donnée ou non à une compagnie aérienne de se poser, de décoller ou même de survoler un territoire, cela émane… encore des Etats. Mais on remarque la volonté de standardiser les normes internationales, puissamment orchestrée par l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale) pour la partie technique et par l’IATA (International Air Transport Association) pour la réglementation commerciale. Beaucoup d’Etats ont en effet signé les Conventions de Chicago (1944) et plus récemment celle de Montréal (1999), qui permettent de normaliser les procédures et les autorisations.

vue d'un avion

 

Donc pour en revenir aux low-cost, les tarifs pratiqués ne proviennent pas du tout d’un manquement volontaire à toutes ces obligations légales ou à une réduction des vérifications impératives, qu’il s’agisse de la sécurité, de l’entretien des appareils, de la vente des billets, de la planification des vols ou encore de la gestion des situations particulières.

 

Si on prend l’aspect sécuritaire, la preuve en est dans les listes noires dressées par les Etats (dont celle établie par la Commission Européenne pour ce qui nous concerne) la présence de beaucoup de compagnies classiques, et aucune low-cost pour celle de l’UE !

C’est le modèle commercial (business model) des compagnies low-cost qui est construit différemment de celui des compagnies classiques.

Le seul service rendu est le transport d’un point A à un point B, avec un produit le plus élémentaire possible : un siège d’avion. Je m’explique.

Les compagnies low-cost ont tout simplement réduit un maximum les frais d’exploitation annexes, en réduisant le transport de personnes à sa plus simple définition. Voici la liste de certains postes qui font l’objet de réduction (voire suppression) de coûts :

  • Réduction des équipes commerciales.

  • Sous-traitance des activités au sol (dans les aéroports).

  • Limitation des ventes à 2 canaux : par internet et par téléphone.

  • Abandon des multiples tarifs.

  • Utilisation d’aéroports (secondaires) pour lesquels les taxes aéroportuaires sont moins élevées.

  • Disparition quasi-totale de certaines classes (Affaire, Première, …).

  • Réduction des prestations incluses en vols : repas, boissons, etc.

  • Limitation de services inclus : pas de bagage gratuit, pas d’assurance gratuite, peu de paiement gratuit.

  • Réduction des plages horaires entre chaque vol : nettoyage, embarquement, débarquement, etc.

  • Augmentation de pratiques commerciales visant à attirer la demande : pratique de prix d’appels, de prix hors taxes, etc.

  • utilisation d’avions récents, ce qui permet de ne pas avoir des dépenses astronomiques de maintenance.

En regardant chacun de ces éléments, vous constaterez que les compagnies classiques pratiquent tout simplement l’inverse.

Conclusion :

Les compagnies low-cost ne doivent pas vous effrayer plus que d’autres en ce qui concerne la sécurité, la norme ou encore le respect des consignes.

Si certaines d’entre elles flirtent avec les lois (techniques ou commerciales) … c’est au même titre que les compagnies classiques ! Ni plus ni moins.

Par ailleurs, il serait plus opportun de nommer ces compagnies les low fares (faibles tarifs) plutôt que low-cost (faibles coûts), ce qui permettrait de faire comprendre plus explicitement que ce sont leurs tarifs qui sont bas, et non leurs coûts d’exploitation.

Voici un exemple qui illustre le fait que de nombreux efforts sont encore à réaliser en terme de cohérence dans la gestion de l’espace aérien, et qu’il est ainsi dangereux de faire des conclusions simplistes au sujet des compagnies low-cost :

graphique ryanair - 1ère compagnie en terme de clients internationaux

Ryanair est la première compagnie aérienne du monde en termes de clients internationaux… alors qu’elle n’est pas agréée par l’IATA !

 

 Toutes les compagnies aériennes connaissent des déboires (techniques, organisationnels, humains, qualitatifs, au sol, …) du fait que le risque zéro n’existe pas (même si on estime à 1 accident d’avion tous les 1,7 millions de vols).

 

Certaines en connaissent plus que d’autres, je suis d’accord et c’est un constat indéniable, mais les compagnies low-cost ne sont pas, par définition, plus sujettes à des désagréments que les compagnies classiques.

Je vous invite à consulter régulièrement la rubrique low-cost du site Air Journal, dans laquelle sont notifiées toutes les nouvelles informations les concernant.

Il faut juste savoir ce que l’on souhaite avoir comme service : basique ou plus complet. Une fois notre décision prise, il ne faut plus avoir d’hésitations ou de doutes infondés.

Recommandation n°1 / 18 : OK !

Si je vous ai rassuré, ou au contraire, embrouillé l’esprit, faites-le moi savoir dans les commentaires juste en dessous de cet article !

Demandez aussi à votre entourage quelles sont leurs expériences à ce sujet et transférez leur cet article ! 😉

A très vite !

Pierre H

 

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